L’entrée dans la profession : le choc de la réalité en soins infirmiers

Qu’est-ce qui caractérise l’expérience des candidates à l’exercice de la profession infirmière (CEPI) et de la profession infirmière auxiliaire (CEPIA) lors de leur intégration dans les milieux de soins? 🤔

Le concept du choc des réalités réfère à cette période de la carrière des infirmières où le bagage accumulé dans la formation pédagogique en soins infirmiers est confronté aux attentes du milieu et à la réalité du terrain.

Ce passage forcé peut porter de lourdes conséquences professionnelles allant jusqu’à l’abandon de la profession.

La lune de miel : entre idéalisme et réalisme 🌛🍯

À la fin du programme d’études en soins infirmiers, en SASI ou en sciences infirmières, les infirmières et les infirmières auxiliaires vivent généralement une période où l’idée de pouvoir appliquer leurs nouvelles connaissances afin de faire une différence les motive et leur confère un sentiment de fierté.

Leurs expériences de stage, où les valeurs d’écoute, d’empathie et de soins minutieux leur ont été enseignées, peuvent expliquer ce sentiment. Elles s’adonnent donc à l’appropriation de la routine d’une unité de soins avec une approche qui pourrait être qualifiée d’idéaliste.

Elles apprivoisent leur nouveau rôle avec cette vision.

Allant de quelques jours à quelques semaines, cette période est souvent interrompue par les attentes de performance et d’efficience du milieu.

Les difficultés communes

Suite à la lune de miel, les personnes CEPI et CEPIA font face à des difficultés qui sont communes dans plusieurs parcours.

Elles doivent composer avec les attentes élevées des milieux de soins qui souhaitent qu’elles soignent, de façon sécuritaire, autant de patients que leurs collègues expérimentées, qu’elles connaissent rapidement des rudiments des soins spécialisés à offrir sur leur unité et qu’elles fassent preuve de leadership qui ne leur a souvent pas été appris.

Le sur apprentissage, l’anxiété de performance et la remise en question sont des éléments qui font fréquemment partie de cette étape.

À cela se rajoutent des caractéristiques propres au milieu.

Si les pratiques de gestion incluent les temps supplémentaires obligatoires fréquents, la mobilisation des recrues sur de multiples unités ainsi qu’une culture de blâme, l’épuisement professionnel guette les infirmières dès leur entrée en poste.

Le choc de la réalité 😱

Les personnes CEPI et CEPIA doivent donc finalement faire face à une réalité plus axée sur la technique que le domaine professionnel.

Elles vivent la confrontation entre le système de valeurs acquises durant la formation et celles véhiculées par les organisations de santé et milieux de soins.

Ça influence de façon importante l’estime de soi développée en début de carrière. La construction de l’identité professionnelle peut en souffrir et mener les recrues à l’abandon de la profession. 😲

Pistes de réflexion

Puisque le phénomène de choc des réalités est bien connu et décrit, il est possible de s’en servir afin d’atténuer les impacts de la transition des études vers le milieu de travail pour les infirmières.

Les débuts dans le milieu de travail

Commencer dans le milieu de la santé en tant que préposé aux bénéficiaires ou externe en soins infirmiers peut permettre aux personnes étudiantes de se familiariser avec leur futur environnement de travail et de réfléchir aux conditions qui accompagnent leur futur emploi.

Parmi les pistes de réflexion que les personnes PAB et externes devraient adopter, le type d’unité qui les intéresse, les caractéristiques de équipes de soins où elles se sentent bien ainsi que les interventions infirmières qui augmentent leur estime de soi sont en tête de liste.

La sélection d’un milieu de travail répondant aux intérêts, aspirations et besoins des CEPI et des CEPIA contribue à atténuer le choc des réalités.

Le choix d’un milieu de travail

De manière globale, l’expérience des nouvelles recrues est grandement influencée par les caractéristiques de l’environnement de travail.

Afin d’assurer un bon taux de rétention du personnel en soins infirmiers, l’employeur devrait favoriser la stabilité pour les recrues, tant pour l’horaire que pour le milieu de soins.

Le programme de préceptorat devrait favoriser une approche progressive où les exigences sont individualisées et non uniformes pour tous.

La réflexion des candidates à l’exercice de la profession infirmière lorsque vient le temps de choisir un milieu de travail devrait donc inclure les modalités liées au programme de préceptorat, à l’horaire, à la mobilité du personnel et aux relations entre collègues.

Lors des entrevues, les CEPI devraient questionner les pratiques organisationnelles liées à ces éléments afin d’amortir le choc des réalités et de faire un choix judicieux.

Et vous, comment vivez-vous / avez-vous vécu votre expérience d’entrée à la profession?

Références

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